Ami lecteur, ouvre ta gueule !

Parce que Les Urbains de Minuit sont un outil, nous vous donnons la parole.
Vos réactions seront lues et approuvées par notre sympatique comité de rédation dans les 48 heures.
Les propos racistes, xénophobes ou outranciers ne seront pas publiés.










CAPTCHA Image   Reload Image
Enter Code * :

ENREGISTRER
Numéro 61 - 07 septembre 2016
Inscrivez-vous à notre mailinglist :

La Chronique Illustrée

la vie d'artiste, ferocia anima 

0 commentaires

Vie d'artiste, ferocia anima

Parfois on tombe ou on fait tomber, parfois on casse ou on se casse. Penser le danger. Penser le fait d'être dangereux.

Penser la violence. Peut-être d'abord la sienne."Comment faire avec ma violence".

La violence est comme un diamant : il nous faut réduire en poussière la saleté qui fait sa gangue, petit à petit, pour que la puissance de son énergie  brille enfin. Il nous faut remonter à son noyau étymologique violentia « force (du vent), ardeur (du soleil), rigueur (de l’hiver), fougue, emportement (de caractère)»,  jusqu'à vis « vigueur, force », pour atteindre la bienheureuse violence.

Nietzsche l'appelle la « volonté de puissance ». C'est à dire la puissance de vie, ce qui fait que nous nous sentons vivants, que nous expérimentons la vie en nous (ne pas se méprendre en l'utilisant comme pouvoir).
Les personnalités fortement dotées de cette volonté de puissance doivent particulièrement consentir à ça  : la violentia en soi, et
le faire avec grande attention et à grands pas chassés. La violence première est vitale et non pas mortelle. Dynamitante mais pas massacrante. Créatrice et non destructrice.  Voulons cette volonté de puissance qui nous veut, qu'elle soit énergie pure, énergie de vie.

Pour aller au diamant il faut pulvériser la gangue. La violence première a été abîmée, recouverte, il y a très longtemps ou pas,  par des causes, des circonstances dont  nous ne sommes pas coupables. La sale violence.  Régler son compte à la fureur, à la rage, la haine qui sont souffrances. Guérir d'elles. Pour cette raison il faut descendre dans les abysses, et remonter. Ou monter au sommet de la montagne, et redescendre. Créer aux passages. Pour guérir de la fureur et de la rage.

On doit danser cru et dru aussi.

« Bien avant qu'il y eut des philosophes, on accordait à la musique la force de décharger les passions, de purifier l'âme, d'adoucir la ferocia animi – et justement parce qu'il y a de rythmique dans la musique. Lorsque la juste tension et l'harmonie de l'âme venait à se perdre, il fallait se mettre à danser – c'était là l'ordonnance de cette thérapie. » Nietzsche, L'origine de la poésie in « Le gai savoir ».

Cela fait partie du travail de l'ami de la sagesse (du philosophe) et de l'artiste. De notre travail. Devenir ce que l'on est, connaître le fonctionnement de la violentia, vouloir la volonté de puissance qui est notre, chacun à sa mesure, s'en servir de manière juste. Quand elle devient colère aussi : au bon moment avec la bonne force, pour une bonne raison et contre la bonne personne. Créer avec elles. Mais. Guérir de la folie de la fureur.

« Etre dans la violence d'un monde à créer, appelé à supplanter la violence absurde d'un monde fasciné par son autodestruction. » (Raoul Vaneigem)

 

C'est un sérieux voyage.

 

 

 

 Sonia Grdovic

Mots clés : #violence
1 commentaires
Le 2013-06-05 11:03:10 par dom corrieras
Bravo. Beau texte. Violence n'est pas virulence.
Numéro : 61 - 60 - 59 - 58 - 57 - 56 - 55 - 54 - 53 - 52 - 51 - 50 - 49 - 48 - 47 - 46 - 45 - 44 - 42 - 40 - 39 - 38 - 37 - 36 - 35 - 34 - 33 - 32 - 31 - 30 - 29 - 28 - 27 - 26 - 25 - 24 - 23 - 22 - 21 - 20 - 19 - 18 - 17 - 16 - 15 - 14 - 13 - 12 - 11 - 9 - 8 - 7 - 6 - 5 - 4 - 3 - 2 - 1 -