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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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La Chronique Illustrée

Fin de l'aventure ! Merci à tous pour ces années de création et d'énergie partagées.  

 Keep in touch.

4 commentaires
Le 2016-01-19 14:19:59 par gm
non è giusto
Le 0000-00-00 00:00:00 par salamalecs
Un peu facile de se barrer sans dire quoi ou qu'est-ce.
Non? Un bel outil comme ça, ça ne s'abandonne pas pour rien...
Le 2016-02-21 12:02:58 par Marc
On appelle ça de l'abandon de poste ! Mince quoi...
Le 2016-02-24 13:52:55 par sonia grdovic
Effectivement, voici l'avis aux niçois publié sur notre page FB : L'asso des Urbains de Minuit cherche son président et de nouvelles énergies/compétences (rédac chef, chargé de com web) pour permettre au festival de la Saint Narcisse comme au web journal de se pérenniser.
Faites tourner, et merci pour vos messages.

La Chronique Illustrée

Chronique de Narki Nal : "Devant l’écran et dehors…"

"Et je pensais COP21 et je ressassais, une fois encore, que nous usons de cette Terre comme si nous étions la seule espèce..."

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Devant l'écran et dehors...

 

Zorotte - dessin Zacloud

Devant l’écran et dehors …

Et je pensais COP21 et je ressassais, une fois encore, que nous usons de cette Terre comme si nous étions la seule espèce et je regardais les merveilleuses photos de BÊTES qui apparaissent ça et là sur nos « murs » fb, bêtes avec lesquelles je m’entendais dialoguer, et, comme dédoublée, me regardais le faire, ébahie, pour un pardon et un merci d’exister encore.

Et je me disais quelle étrangeté d’appeler cette page un mur pour ce jeu virtuel d’affichage alors que les murs à afficher sont dehors et, qu’ici, le mur où je vais « dire » m’enferme et ne me relie pas à la ville où les gens passent, taguent parfois, lisent ou effacent, discutent… mais où, aussi, s’ignorent…

Et je pensais combien il est étrange de se sentir bien vivante, avec des aspirations de vivante, des rêves de vivante, des pensées de vivante, dans cette société malade, presque morte. Et quelque chose en moi se rebellait et se mettait à hurler dedans comme hurle la louve là-haut.

Et je sortais et scrutais toutes les vies que je croisais et me demandais quelle vie ? Quelle place en cette société ? Et j’évaluais « ennemi(e) ? » ou « ami(e) ? » pour regretter de n’aimer pas, en ces temps, toutes les créatures humaines. Puis quelque voix en moi chantait la carmagnole et une rage blanche me serrait aux jointures, poings en poche qui auraient bien voulu frapper.

Je pensais à un article de Bernard Stiegler 
http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/27/bernard-stiegler-les-gens-perdent-sentiment-dexister-votent-front-national-253270
Alors me venait à l’esprit, oui, que beaucoup de ces créatures avaient perdu, elles, le sentiment d’exister… Alors au lieu de les haïr, je les plaignais.
Il évoquait, Bernard Stiegler, la destruction par le consumérisme, de ce que nous avions enfants, dans nos milieux modestes, « la capacité du rassemblement et de la fête », et je pensais à ces repas-festins de mon enfance, à ces tablées où la nourriture savoureuse et la politique se vivaient avec la même passion, avec souvent invectives en plus pour la dernière, il est vrai. Preuve qu’elle était bien vivante en leur tête et même dans leur cœur car tous ces convives partageaient l’idée que ÇA changerait, l’espoir qu’ils auraient prise sur leur avenir commun. Et l’expression exaltée de leurs convictions faisait partie de la fête autour de la table, prémisse de la Fête qui s’annonçait dans les temps à venir…

Mais quelque chose a raté, quelque chose n’a pas eu lieu, quelque chose s’est perdu… nous avons lu les situationnistes, nous avons « fait » mai 68, nous n’avons pas écouté les anti-industriels, on veut taire les oiseaux de mauvais augures… le capitalisme avec sa société marchande et spectaculaire a su intégrer, détourner, digérer, assimiler les pensées de révolte et de vrai changement… Comme dans une machine à broyer ce qui sort ne ressemble en rien à ce qui est entré : seuls les produits sont révolutionnaires et les créatures humaines aliénées par la marchandise sont isolées, séparées, en leur demeure, quand elles en ont ; retirées en leurs ghettos quand elles sont originaires de l’étranger ; ou en leur misère matérielle, dehors, dans la faim, la crasse, le rejet ou dans une misère pire encore, sous les bombes, les maladies terribles, prisonnières ou tuées, sous la férule de lois religieuses iniques, ou de tyrans, ou bravant la noyade pour fuir, et que sais-je encore… Les villes s’étouffent, les campagnes puent le lisier et les pesticides, les animaux d’élevage sont en enfer, les animaux sauvages survivent ou disparaissent. Il y a peu de solidarité sauf au moment de tragédies où tout à coup les vivant(e)s se reconnaissent les mêmes douleurs…

Il y a cependant, il est vrai, des groupes humains qui s’échappent et tentent la résistance ici et là. La conscience de se changer, de changer ses relations aux autres, à la consommation, à l’habitat, à la terre, à l’éducation, au mode de vie en général, pour changer le monde, existe.
http://www.colibris-laboutique.org/home/78-kaizen-numero-special-oasis-un-nouveau-mode-de-vie.html
http://www.la-ferme-des-enfants.com/eco_eco_relations.html
Mais ne s’est pas créé le relais politique. Le pouvoir de décision global échappe…
Une grande masse de gens s’est détournée des affaires de la cité, des affaires du pays. La grande « messe » du scrutin, elle n’y croit plus : l’abstention grimpe. Aucune Fête ne s’annonce plus pour les temps à venir. De tous les bords ou presque, un seul credo « Libéralisme ». Repères brouillés, détournement. Pendant que le FN prospère et que la bataille fait rage entre politicards, beaucoup d’électeurs et électrices effaré(e)s regardent le mauvais spectacle et se retirent, pour l’instant, sans beaucoup de bruits…

Et j’observe cette bataille. Faire voter les abstentionnistes, comme si chaque camp pense que la voix qui manque sera pour lui ! Les arguments sont simplistes. Il faut culpabiliser «  ces pourri(e)s ces galleux d’où nous vient tout le mal » (Les animaux malades de la peste. J. de Lafontaine). Voter n’importe quoi mais voter (quel mépris) !!! Ou voter pour l’ordure la plus présentable (quand la mémoire est courte). Ou voter pour son camp alors que le camp est levé depuis longtemps. Ou voter tout simplement parce que c’estundevoirdanslesdémocratiesetpasqu’undroit ou que danscertainspayslesgensseraientbiencontentsdepouvoirlefaire (? Rapport évident bien sûr ! ). Ou voter parcequ’aprèsfaudrapasvenirvousplaindre (Non au referendum pour le traité européen, devenu plus tard le traité de Lisbonne, bafoué sans vergogne !)…
Les hommes et femmes politiques ne sont plus crédibles puisqu’ils et elles ne font pas ce qu’ils et elles promettent mais la situation actuelle de naufrage incombe aux abstentionnistes !!! On peut lire le cri de colère de l’un d’eux :
https://blogs.mediapart.fr/walentin-perez/blog/270315/je-suis-abstentionniste-et-tu-viens-m-insulter

Et je repense à une discussion pas si ancienne sur les artistes et les subventions qu’ils ou elles reçoivent des institutions régionales ou autres. Et je lis leurs appels, dans notre région, à voter Estrosi contre le FN, énervé(e)s car pas sûrs/sures d’arriver à convaincre. Et je regrette pour eux et elles, tellement, que leur survie d’artistes dépende d’un pouvoir qui comme un empereur romain peut ou non baisser le pouce. Je regrette l’aliénation de leur droit à créer, leur manque de liberté et cette obligation d’affichage qui me répugne. Être « obligé » d’appeler à voter Estrosi, faisant fi de tout ce qu’il a dit et fait, parce qu’il est « du côté des artistes » et qu’il enverra la monnaie… tout de même quelle misère ! Le degré zéro de la politique.

Je pense, et bien sûr des milliers d’autres que moi (les parcours similaires amènent aux mêmes conclusions), que nous sommes au bout du bout de ce système représentatif qui ne nous représente pas. Nous avons à faire émerger un autre système… C’est un de nos rôles historiques pour faire mentir le fait que notre génération aurait tout raté.  
À l’heure où vous lirez ce « papier » tout sera joué.
Sans doute le battage médiatico-politique à raisonner les abstentionnistes, leur culpabilisation martelée, auront ramené certain(e)s aux urnes une fois encore  

Tout est joué ? Peut-être pas.
Des voix de plus en plus fréquentes disent que nous ne sommes pas en démocratie et qu’il serait temps d’y accéder.
Qui sait, serions-nous encore capables de créer une Fête…

Narki Nal, aux Urbains de Minuit qui sillonnent la ville aussi le jour - décembre 2015 – veille d’élections régionales

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